Jean Caillard
Ingénieur aéronautique et pilote d'essai français

Jean Caillard

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Ingénieur aéronautique et pilote d'essai français
Gender:
Male
Places:
Birth:
April 1923(Paris, France)
Death:
16 March 2019(Saint-Malo, France)
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Biography

Introduction

Jean Caillard, né le à Paris (alors dans le département de la Seine) et mort le à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), était un ingénieur aéronautique et pilote d'essai français. Il a participé à plusieurs programmes aéronautiques majeurs de la France dans la seconde moitié du XXe siècle : les avions expérimentaux Leduc à statoréacteur, les avions d'affaires biréacteurs SN-600 Diplomate et SN-601 Corvette, l'avion de transport militaire C-160 Transall. Il s'intéressait aussi à l'aviation légère, et a effectué les premiers vols de l'avion de tourisme biplace MC-100 Banbi.

Biographie

Jean Caillard naît le à Paris. Attiré très tôt par la technique, il s’intéresse aux chemins de fer et surtout l’aviation, qui deviendra sa grande passion. Il effectue ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand, et rêve d’intégrer l'École de l'air, mais le début de la Seconde Guerre mondiale l'en empêche.

Seconde Guerre mondiale

En , il entre en contact avec le réseau de Résistance « Vélite-Thermopyles », fondé par trois enseignants de l’École normale supérieure. Il mène ses activités clandestines en parallèle de ses études, sans cesse à la merci d'une arrestation. Plusieurs fois, il s'en sort par miracle grâce à la complicité de patriotes. Ainsi, un policier le laisse passer lors d’un contrôle dans le métro, malgré une arme dans sa sacoche. Une autre fois, une secrétaire le « couvre » lors d’une perquisition à son école.

Après le débarquement de Normandie du , il tente de rejoindre les maquis les plus proches, ceux du centre de la France, comme de nombreux étudiants parisiens. Après un parcours mouvementé, il arrive en retard à la ferme du By, près de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Cela lui permet d'échapper encore par miracle au sort de 42 de ses camarades, qui sont fusillés par les Allemands à la suite d’une trahison. Il finit par être arrêté par les Allemands au mois de juillet. Sa captivité est de courte durée. Il est libéré en , et contracte en 1945 un engagement dans l’armée « jusqu'à la fin de la guerre », pour aller se battre comme chef de char en Extrême-Orient. Mais le Japon capitule en et il est rendu à la vie civile.

Après-guerre

Aviation militaire

Il devient élève de l'École centrale Paris (promotion 1947 A). Diplômé ingénieur, il est embauché en 1948 à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO) et entre au Centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge, alors dirigé par l'ingénieur général Louis Bonte, à la section « avions ». Il contribue à la renaissance des ailes françaises après la guerre, aventure non exempte de risques : de nombreux pilotes d'essai et techniciens y laisseront leur vie.

Il participe alors à différents programmes d’essais, notamment celui des avions Leduc à statoréacteur, qui font l'objet d'une campagne d'essais par le CEV. Lors du septième vol du prototype Leduc 010-01, le à Istres, le pilote d'essai Jean Sarrail effectue son premier vol avec allumage de la tuyère. Avec la complicité de Jean Caillard et à l’insu de René Leduc lui-même, Jean Sarrail procède à deux allumages : un avant largage et à un autre après largage.

Il obtient en 1953 son brevet d'ingénieur navigant d’essais, numéro 0116.

En 1957, il quitte le CEV et entre chez Nord-Aviation. Il y restera jusqu'en 1981, après sa fusion avec Sud-Aviation au sein de la société Aérospatiale.Il participe au programme C-160 Transall, œuvrant ainsi pour la réconciliation franco-allemande. Avion de transport militaire conçu conjointement par la France et la République fédérale d'Allemagne, le Transall effectue son premier vol le sur l'aérodrome de Melun-Villaroche. L'équipage se compose de :

  • Jean Lanvario (pilote),
  • Jean Caillard (ingénieur navigant),
  • Lucien Goypieron et Louis Bonfand (mécaniciens navigants).

En 1963, il obtient son brevet de pilote d'essai (numéro 253).

Aviation civile

Il travaille ensuite à la société Reims Aviation de 1982 à 1991. Passionné de recherche aéronautique, Jean Caillard participe (sur son temps libre) aux études menées par René Hirsch sur le concept d'absorption de rafales. René Hirsch réalise ainsi un premier avion bimoteur, le H-100, puis modifie un Gardan GY-80 « Horizon » qui devient GH-80 avec des saumons de voilure flottants, destinés à atténuer l’effet des rafales sur la trajectoire afin d’améliorer le confort de l’équipage. René Hirsch poursuivra ses recherches en faisant modifier un Socata TB-20 « Trinidad » par Yves Gardan, pour en faire l’unique TBH-20 « Colibri » à trois surfaces portantes. Le plan canard, en avance de phase, « ressent » la rafale et agit automatiquement sur les gouvernes du monomoteur pour diminuer les effets. Jean Caillard sera le seul pilote à avoir volé sur les trois avions développés par René Hirsch dans ce but, les H-100 (conservé au musée de l'Air et de l'Espace au Bourget), GH-80 et TBH-20 Colibri (désormais conservé à l’Espace Air Passion d’Angers-Marcé).

Il effectue aussi, en tant que pilote d'essai, le premier vol du biréacteur d'affaires SN-600 Corvette, réalisés avec Robert Briot. Il a également effectué les premiers vols du biplace MC-100 Banbi conçu par Michel Colomban, un biplace métallique préfigurant la série des MCR en matériaux composites, diffusés en kit.

Fin de vie

Retraité, il se retire à Saint-Malo, mais continue à s’intéresser à l’aviation. Il participe à l’association MAPICA qui restaure des avions anciens sur l’aérodrome de La Baule. Il y effectue des essais en vol d'avions de collection et publie ses observations.

Il a accumulé 11 800 heures de vol effectuées sur 200 types d’avions différents.

Il décède le à Saint-Malo à l’âge de 95 ans. Ses obsèques sont célébrées le en la chapelle Sainte-Anne-des-Grèves à Saint-Broladre (Ille-et-Vilaine). Il laisse une grande famille : 7 enfants, 16 petits-enfants et 10 arrière-petits-enfants.

Distinctions

  • Médaille d'argent de l'Académie Nationale de l’Air et de l'Espace (ANAE).