David Spector
French economist

David Spector

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French economist
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Male
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14 April 1971
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École normale supérieure
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Biography

Introduction

David Spector est un économiste, chargé de recherche au CNRS, professeur associé à l'École d'économie de Paris, spécialiste en questions d'économie industrielle et d'économie de la concurrence.

Biographie

Né le , David Spector est diplômé de l'École Normale Supérieure de Paris. Il obtient en 1998 un Ph.D en économie à la London School of Economics et à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). De 1997 à 2001, il est professeur assistant au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

En , il devient consultant externe pour le cabinet National Economic Research Associates (NERA Economic Consulting (en)). En , il rejoint un cabinet concurrent, le Law and Economics Consulting Group (LECG Corporation (en)). Il crée en 2007 son propre cabinet de conseil en économie de la concurrence, Microéconomie Appliquée (M.A.P.P.), dont il est l'un des quatre gérants.

Il est chargé de recherche au CNRS (Paris-Jourdan Sciences économiques), professeur associé à l'École d'économie de Paris. Il est codirecteur du programme « Marchés, firmes et politique de la concurrence » au Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP). Il enseigne également à l'École Normale Supérieure.

Il est membre de l'American Economic Association.

Il a été classé « incontournable » (au-dessus de « excellent ») en litigation support – contentieux antitrust par la Leaders League.

Travaux

David Spector est surtout connu pour ses travaux sur les questions d'économie industrielle et d'économie de la concurrence, mais est aussi actif dans d'autres domaines. Résolument partisan des théories libérales, il n'en est pas moins critique de l'application des politiques libérales dans le monde réel.

Les « politiques d’emploi malthusiennes »

Les premiers travaux de Spector ont concerné les politiques de partage du temps de travail, que ce soit par la réduction du temps de travail ou par un abaissement de l’âge de la retraite. En théorie, ces politiques devraient rendre disponibles du temps de travail que les jeunes et les chômeurs pourraient combler. Pour Spector, cela suppose que ces derniers ont les qualifications nécessaires pour remplir les places libérées, ce qui n’est pas le cas en pratique : ces politiques ne pourraient réduire le chômage que si les travailleurs étaient suffisamment homogènes. Il estime qu’en France jeunes et chômeurs ne peuvent remplacer que 40 % des heures de travail libérées par une réduction du temps de travail. Par contre, une politique de réduction des coûts du travail serait beaucoup plus efficace, et pourrait même avoir un coût négatif ou nul pour les finances publiques.

Développements théoriques

David Spector a publié divers travaux sur de multiples aspects théoriques du marginalisme néo-classique :

  • La communication entre les agents en théorie des jeux.
  • La définition des prix prédateurs et sur l’inadéquation des règles destinées à les mettre en évidence.
  • Les effets de la fixation incompréhensible des prix, pratique typique des opérateurs téléphoniques.
  • L'utilisation stratégique de la discrimination par les prix.
  • Le rôle de l'économétrie dans l'approche économique du préjudice.
  • La prise en compte croissante de l’analyse économique dans le droit de la concurrence (contrôle des concentrations, pratiques anticoncurrentielles…) avec l’évolution vers des « règles de raison », c’est-à-dire vers une analyse au cas par cas de chaque affaire, de préférence à des « règles per se » établissant à l’avance une liste de pratiques interdites aux entreprises en position dominante.
  • Il s’est même penché sur le problème de la redistribution dans une fédération d’États et les implications économiques d’Internet et du commerce électronique.

Les limites des politiques libérales

Spector s’est très tôt intéressé aux limites des politiques libérales. Par exemple, selon la théorie la plus simple du commerce international, l’ouverture des frontières dans un monde de concurrence parfaite entraîne un gain global, avec des « gagnants » et des « perdants ». Spector montre que la fiscalité sur les revenus peut être incapable de redistribuer les gains de l’échange et d’empêcher une baisse d’ensemble du bien-être.

De même, il montre que l’effet des fusions horizontales sur les prix peut être – ou non - néfaste aux consommateurs

D’après David Spector, l’intensité de la concurrence sur le marché des biens peut provoquer une baisse des salaires réels aussi bien à court terme qu’à long terme : pour lui, les politiques de dérégulation doivent être accompagnées de mesures de transfert fiscal.

L’hostilité française au libéralisme

Le marché de l’énergie

Les aides d’État

En adepte du libéralisme, Spector est méfiant envers les aides d’État, mais en reconnaît quelques avantages. Il est particulièrement opposé à la Politique agricole commune (PAC), selon lui une « aberration économique » qui aggrave la crise alimentaire, appauvrit les pays de l’Union européenne et plus encore, les pauvres du Tiers Monde, alors que d’autres politiques fiscales et environnementales seraient beaucoup plus efficaces.

Concurrenceet « imperfections du marché » dans le monde réel

Spector s’est penché sur diverses « imperfections » des marchés, comme :

  • les accords d’exclusivité,
  • les rabais et remises de fidélité .
  • les situations de position dominante.
  • les pratiques unilatérales

Sur ces sujets, il est un contributeur très actif de la revue « Concurrences » et de divers journaux français (Le Figaro, La Tribune).


Les États-Unis, pays de la liberté économique et de l’incarcération de masse : un paradoxe ?

David Spector a aussi participé aux débats qui ont suivi la publication de « The illusion of free markets » de Bernard Harcourt.

Dans son ouvrage Bernard Harcourt explore les relations paradoxales entre le “laisser-faire” et l’incarcération de masse, notamment aux États-Unis où l’idéologie dominante promeut la liberté économique (liberté d’entreprendre, liberté des marchés, concurrence libre, etc.), et qui bat tous les records d’incarcération : 2,3 millions de personnes derrière les barreaux en 2008, 11 % des afro-américains connaissant la prison entre 20 et 34 ans.

Pour David Spector, il n’y a pas vraiment de paradoxe, parce qu’il n’y a pas de relation de cause à effet entre libéralisme et incarcération. Il existe dans la famille libérale une tradition hostile aux politiques de redistribution, qui est de fait hostile aux pauvres, bénéficiaires de cette redistribution. Elle considère que beaucoup de pauvres (et en particulier les minorités ethniques) sont paresseux, malhonnêtes ou même les deux, et que les plus criminels d’entre eux ne méritent que la prison. Ce n’est pas le libéralisme per se qui surpeuple les prisons américaines, mais cette conception de la société - et de l’importance relative des choix individuels et des déterminismes sociaux - que partagent de nombreux libéraux américains. Mais il existe aussi une tradition libérale de gauche, favorable à la fois à la liberté des marchés (proprement régulés), et à la redistribution des richesses, néanmoins le "libéralisme non-sécuritaire" ne semble pas trouver de voie actuelle pour s'exprimer politiquement.

Pour Harcourt, la position de Spector n’est pas nouvelle, mais La question qui se pose aux États-Unis et qui motive le livre, c’est comment nous – nous autres libéraux – avons laissé faire cette explosion carcérale..

Œuvres