

Introduction
Raymond Guerrier est un artiste peintre de l'Ecole de Paris né le à Paris. Il vivait depuis 1955 à Eygalières où il est mort le .
Biographie
Le plus ancien tableau répertorié de Raymond Guerrier date de 1934. Autodidacte, l'artiste situe dans sa première jeunesse, faite pour beaucoup de la fréquentation des musées, le façonnement du tempérament austère et du refus du pittoresque qui le caractériseront. En artiste de la rigueur, il affirme ainsi: « les grands anciens m'ont surtout appris l'importance primordiale de la composition sévère ».
Raymond Guerrier se dit marqué par l'exposition Georges Braque, les ateliers, qu'il visite à la Galerie Maeght en 1947. Au tout début des années 1950, tout en peignant, il exerce par nécessité le métier de photograveur. Recevant le Prix de la Jeune Peinture pour sa toile Paysage au masque en 1953, il en est en 1954 membre du jury aux côtés de Paul Rebeyrolle, Bernard Buffet et André Minaux, trois peintres avec qui il a alors en commun de se positionner, par des œuvres sombres, par une l'âpreté relevant du pessimisme de l'après-guerre, dans la suite de Francis Gruber.
C'est en 1955 qu'il découvre la Provence et que, « de caractère solitaire et taciturne, il préfère s'éloigner de Paris et vivre à Eygalières » où il se lie d'amitié avec le poète provençal Charles Galtier. En 1961, il épouse Francesca, fille du peintre Francis Montanier (1895-1974), elle-même artiste peintre, mais aussi céramiste. En 1962 naissance de leur fille Juliette, en 1964 leur fils Francis et en 1966 leur fille Jeanne.
Le paysage qui l'entoure à Eygalières, de même que ses voyages qui lui offrent à voir l'Espagne, la Sardaigne, l'Italie, la Grèce, le Maroc, la Jordanie, Israël, amènent Raymond Guerrier, à compter de 1970, à éclaircir sa palette (demeurant néanmoins dans les « tons nus austères où dominent les ocres » observe Gérald Schurr), puis à glisser progressivement vers l'abstraction, aboutissement d'« une figuration réduite à son essence, d'une peinture de grandes formes où ne sont retenus que les rythmes essentiels ».
Pierre Basset, dans son approche d'une œuvre qui couvre près de sept décennies, confirme ce que fut la quête exigeante de Raymond Guerrier: « recherche de l'essentiel, refus de l'anecdote, importance du réel et de sa profondeur, rôle-clé de la matière ».
Bibliophilie (œuvre gravé)
- Joseph d'Arbaud : La bête du Vaccarès, éditions les Bibliophiles de France, Marseille, 1958, 27 lithographies originales de Raymond Guerrier sur grand papier vélin de Rives, tirage: 200 exemplaires numérotés.
Expositions personnelles
- Galerie Stiebel, Paris, 1952, 1954, 1956, 1957.
- Galerie Drouant-David, Paris, 1953.
- Redfern Gallery, Londres, 1953, 1955.
- Hammer Gallery, New York, 1957.
- Galerie Motte, Genève, 1958, 1966.
- Galerie Hervé, Paris, 1960, 1962, 1964.
- Rétrospective Guerrier, Musée de l'Athénée, Genève, 1962.
- Galerie Jouvène, Marseille, 1964, 1967.
- Galleria Arte moderno, Caracas, 1964.
- Galerie Malaval, Lyon, 1966, 1972, 1977, 1980, 1983..
- Galerie Thot, Avignon, 1967.
- Galerie Tamara Pfeiffer, Bruxelles, 1967, 1975, 1977.
- Galerie de Paris, Paris, mars 1968, 1970, 1971
- Galerie du Grand Mazel, Genève, 1969.
- Galerie du Fleuve, Bordeaux, 1970, 1978.
- Musée des beaux-arts du Havre, 1971.
- Cent-quinze peintures de Raymond Guerrier, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, mars-mai 1972.
- Centre culturel communal d'Aubagne, 1973.
- Galerie Helias, Paris, 1973.
- Galerie Ducastel, Avignon, 1973, 1974, 1976, juillet-août 1984 (Raymond Guerrier - Abandonner les apparences sans perdre la réalité).
- Rétrospective Guerrier, Cellier du château de Châteauneuf-du-Pape, 1974.
- Hôtel de ville, Arcueil, 1974.
- Salle du Spetier, Salon-de-Provence, 1976.
- Palais de arts et de la culture, Brest, 1977.
- Galerie Suillerot, Paris, 1977.
- Centre culturel de Chateauvallon, Toulon, 1977.
- Galerie des Trois ormeaux, Aix-en-Provence, 1978.
- Salle de l'Aigalier, Martigues, 1978.
- Centre culturel Jean Houdremont, La Courneuve, 1979.
- Maison de la culture, Ajaccio, 1979.
- Galerie Saint-Guillaume, Paris, 1979.
- Théâtre de l'Olivier, Istres, 1980.
- Galerie L'escapade, Genève, 1980.
- Galerie Contrastes, Limoges, 1981.
- Institut français de Cologne, 1981.
- Hôtel de ville, La Seyne-sur-Mer, 1981.
- Galerie la Salle basse, Martigues, 1982.
- Galerie Frank Ricci, Avignon, 1982.
- Action locale pour les arts plastiques de Longèves (Vendée), 1982.
- Musée Réattu, Arles, 1984.
- Chapelle du Grand couvent, Cavaillon, 1985, 1988.
- Galerie Hélène Trintignant, Montpellier, 1986.
- Centre de la Minoterie, Mont-de-Marsan, 1986.
- Abbaye de Flaran, Valence-sur-Baïse, 1987.
- Cloître des Cordeliers, Tarascon, 1987.
- Musée des Alpilles, Saint-Rémy-de-Provence, 1988.
- Galerie Berlioz, Sausset-les-Pins, 1989.
- Galerie Carnot, Poitiers.
- Orangerie du Sénat, Palais du Luxembourg, Paris, 1989.
- Palais Bénédictine, Fécamp, mai-juin 1990.
- Galerie Florence Basset, Moulin de la Grande Bastide, Flassans-sur-Issole, mars-avril 1996, 2002.
- Musée Paul Valéry, Sète, juillet-septembre 1996.
- Galerie Sabine Vazieux, Paris, 2007, 2009.
- Galerie 22 , Coustellet, 2013.
Expositions collectives
- Salon des indépendants, 1947, 1949, 1950.
- Salon de la rue de Seine, Paris, 1952.
- Salon d'art sacré, Paris, 1954, 1955.
- Visage de l'enfance: Raymond Guerrier, François Heaulmé, Richard Bellias, Jean Commère, Jean Pollet, Philippe Cara Costea, Galerie Simone Badinier, Paris, 1956.
- Biennale de Paris, 1957.
- Le sport, Salon des Peintres Témoins de leur Temps, Palais Galliera, Paris, 1957.
- Biennale de Turin, 1957.
- L'Ecole de Paris, Galerie Charpentier, Paris, 1954, 1956, 1957, 1960, 1961.
- Bernard Buffet, Bernard Conte, Marcel Cramoysan, Jef Friboulet, Raymond Guerrier, Galerie Malaval, Lyon, 1964.
- 3e Salon d'Angers, Raymond Guerrier et André Brasilier invités d'honneur, 1966.
- Provence et peintres d'aujourd'hui, Musée Granet, Aix-en-Provence, 1967.
- Cent artistes provençaux, Musée Cantini, Marseille, 1971.
- L'art et la cité - Festival de peinture-musique-mime-poésie - Constantin Andréou, Antonio Guansé, Serge Labégorre, Jacques Lagrange, Robert Lapoujade, Jean-Jacques Morvan..., église de Saint-Émilion, .
- 21 grandes toiles de Raymond Guerrier - 27 sculptures de Constantin Andréou, Orangerie du château de Meudon, .
- Exposition de groupe: Philippe Cara Costea, Simone Dat, Raymond Guerrier, François Heaulmé, Michel Thompson, Claude Venard, Galerie Florence Basset, Flassans-sur-Issole, septembre-.
- Peintures des années 1950-60 - Eduardo Arroyo, Henri Déchanet, Jacques Doucet, Raymond Guerrier, Alexandre Garbell... La Capitale Galerie, - .
- Vues : un siècle de regards sur les Alpilles - Auguste Chabaud, Albert Gleizes, Raymond Guerrier, André Marchand, Mario Prassinos, Maurice-Élie Sarthou, René Seyssaud, Jacques Winsberg, Musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence, mars-.
- Vingt ans de passion: Raymond Guerrier, Roger Lersy, François Heaulmé, Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Bernard Buffet, André Minaux..., Galerie Florence Basset, Flassans-sur-Issole, juin-.
- La Provence, terre de rencontres entre artistes et écrivains, Musée Regards de Provence, Marseille, - .
- Les insoumis de l'art moderne - Paris, les années 1950, Musée Mendjisky-Écoles de Paris, Paris, octobre-.
- La Jeune Peinture - Paul Aïzpiri, Jean-Pierre Alaux, Bernard Buffet, Michel Ciry, Jean Commère, Bernard Gantner, Raymond Guerrier, Jean Jansem, André Minaux, Marcel Mouly, Michel Patrix, Paul Rebeyrolle..., Musée Baron-Martin, Gray (Haute-Saône), juillet-.
Décors de théâtre
- Génousie, pièce de René de Obaldia, avec Jean Rochefort mise-en-scène de Roger Mollien, Théâtre Récamier, Paris, 1960. Décors et costumes de Raymond Guerrier.
Réception critique
- « Guerrier admire Rembrandt. "Mais, dit-il, si j'écoute la leçon des grands anciens, je ne veux pas peindre comme eux". Pour situer les choses dans un climat de mystère, Rembrandt se servait du clair-obscur. Guerrier peut obtenir le même effet par d'autres moyens. En fait, l'impression qui se dégage de ses peintures est plutôt une impression d'étouffement obtenue par la suppression de la perspective atmosphérique, l'usage des couleurs sourdes et l'importance de la matière. Celle-ci est rendue sensible par des rayures tracées en pleine pâte au moyen d'un clou. » - Connaissance des arts
- « Le peintre s'est fixé en Provence, à Eygalières, en 1955: le paysage qui l'entoure a décanté sa vision: une figuration réduite à son essence, des tons nus austères où dominent les ocres et les natures mortes qui forment le meilleur de son œuvre. Guerrier retient uniquement les grandes formes, les rythmes essentiels. » - Gérald Schurr
Prix et distinctions
- Prix de la Jeune Peinture 1953.
- Chevalier des arts et des lettres 1957.
Musées et collections publiques
- Musée national d'art moderne, Paris.
- Musée Réattu, Arles.
- Musée Cantini, Marseille.
- Musée d'art et d'histoire de Meudon.
- Musée d'art moderne de Tokyo.
- Musée des beaux-arts du Havre.
- Musée Sainte-Croix, Poitiers.
- Musée des beaux-arts de Pau.
- Musée des beaux-arts de Calais.
- Musée Toulouse-Lautrec, Albi.
- Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.
- Centre d'Art Sacré de Lille.
- Musée d'art de Pully (Suisse).
- Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles.
- Ambassade de France au Royaume-Uni, Londres.
- Musée d'art de Saint-Louis (Missouri).
Collections privées
- Serge Reggiani.
- Jean et Gisèle Boissieu.